Toilettes sèches

Tout sur les toilettes sèches

Par Kraveunn
 

Article en cours de réalisation

  

 

Les toilettes sèches (TS), toilettes à litière ou encore toilettes à litière biomaîtrisée (TLB) sont un système de toilettes qui n’utilisent pas l’eau pour évacuer les déjections, mais une litière végétale pour leur compostage ; leur principe consiste à mélanger aux déjections organiques (selles et urines) des déchets végétaux secs (copeaux et/ou sciure de bois, paille, feuilles mortes, etc.), de façon à équilibrer le rapport  carbone azote et a neutraliser les odeurs.

Pourquoi utiliser une toilette sèche en temps normal ?

Contrairement à une idée reçue, la tâche principale d'une toilettes sèche n'est pas tant d'économiser l'eau (-25 à -35%), que d'éviter le rejet de nos excréments dans les rivières (source de pollution) et leur éviction du cycle de formation de l'humus et de fertilisation des terres.

La biomasse fécale humaine n'est pas quantité négligeable ; elle fait partie intégrante de la biosphère et à ce titre n'est pas un déchet à éliminer, mais à recycler. Sa destruction sous prétexte d'épuration crée un déficit dans la fertilisation des sols (désertification), tandis que l'épuration transforme l'azote et le phosphore qu'elle contient en pollution par les nitrates (responsable de l'asphyxie des rivières).

80 à 100% de la pollution organique de nos rivières est d'origine domestique.
97% de l'azote et 50 à 80% du phosphore contenus dans les eaux usées urbaines proviennent de nos WC.

Le compost augmente la capacité de rétention d’eau des terres sur lesquelles il a été répandu et donc diminue les besoins en eau.

 

La généralisation des TS permettrait de faire l’économie de tout système coûteux et polluant de lagunage ou de retraitement des eaux usées.


Ajoutons enfin que l'entretient d'une toilette sèche nécessite une bien moindre quantité de produits ménagers qu'un WC traditionnel ; un simple coup de brosse, un peu d'eau et de purifiant (bio) suffisent.

En résumé, le bilan écologique d'une toilette sèche est très largement positif.

Parlons tout de même des inconvénients majeurs (et oui, il y en a), qui peuvent rebuter certains :

  1. La nécessité de vider le seau régulièrement (tous les 2 jours environ pour un 20 litres et une famille de 2 personnes (effectuant l’intégralité de leurs besoins sur place dans un temps impartit de 48 heures)).
  2. L'accès obligatoire à un lieu de compostage (bout de jardin).


Autre idée reçue, les toilettes sèches ne puent pas; tout du moins si elles sont utilisées correctement, c'est à dire alimentées en quantité appropriée avec une litière de qualité (sciure sèche ou copeaux de bois de préférence).

 

Quel est l’intérêt d’une toilette sèche dans une optique survivaliste ?

  1. Economiser l’eau en cas de rationnement ou de manque.

  2. Constituer un bon terreau pour cultiver fruits et légumes.

  3. Préserver sa terre et ses éventuelles sources d’eau potable de toute pollution d’origine fécale.

  4. Limiter les risques pathogènes en cas de panne des toilettes conventionnelles (les excréments humains sont l’une des principales causes d’épidémies en cas de catastrophes naturelles).

  5. Aller outre un engorgement des égouts et/ou la panne des réseaux d’eau domestique (chasse d’eau).

  6. Disposer de toilettes peu coûteuses, que l’on peut fabriquer et entretenir soi-même, facilement transportables et à l’épreuve de toute panne ou usure.

 

Quel type de seau ou de conteneur utiliser ?

Le seau : en plastique ou en métal galvanisé, voir en inox (coûteux – environ 90 euros) ; l’idéal étant une contenance de 15 à 20 litres (plus facile à transporter pour le vider).
Le conteneur : poubelle plastique (pour la version grand modèle)

 

A savoir que quelque type de conteneur que l’on choisisse, celui-ci ne sera pas éternel. Le seau en métal galvanisé finira rongé par la corrosion (due à l’acidité de l’urine) et se percera. Le seau ou le conteneur en  plastique perdra de sa souplesse, deviendra fragile et cassant ; qui plus est, le plastique absorbant les odeurs, il sera recommandé d’en posséder deux afin d’aérer le seau entre deux utilisations (si possible avec un mélange eau argile, ou eau désinfectant bio).
Pour info, mon seau en acier galvanisé a duré 4 ans avant de s’oxyder au point de se percer et de fuir, sans possibilité aucune d’être réparé durablement.

Seul un seau en inox pourra prétendre durer vraiment.

Quel type de litière adopter ?

Ce qui convient en guise de litière : broyat de végétaux, de branchages, de fanes, de tiges, de feuilles (fruitiers, frênes, bouleaux, sont recommandés) ; sciure et copeaux de bois, pailles (céréales, chanvre, etc.), rafles, cartons usagés, pop-corn, etc., (tous ces éléments peuvent être mélangés). Eviter d’utiliser des feuilles sèches broyées seules, car n’absorbant pas suffisamment l’humidité.

Ce qu’il ne faut pas utiliser : la terre (le rapport carbone azote de nos déjections est trop faible pour y former de l’humus), la tourbe (son caractère acide maîtrise mal les odeurs), les cendres et la chaux (la potasse inhibe l’action des micro-organismes et empêche donc la transformation de la matière organique en humus), la sciure de bois tropicaux (source d’allergie et de mauvaises odeurs possibles). La cendre peut toutefois être utilisée en petite quantité (elle éloigne notamment les mouches) ; au-delà de 3 kg par m3, celle-ci ralentit le compostage.

Nul besoin de séparer l’urine des fèces en vue d’un compostage, bien au contraire ; l’humidité issue de l’urine va naturellement imprégner les matières fécales sèches et ajuster le rapport carbone/azote, favorisant la transformation en humus.

 

Attention, la sciure utilisée doit toujours être bien sèche, sous peine de la voir perdre tout son pouvoir absorbant et désodorisant ; elle doit qui plus est être non traitée, afin de pouvoir servir de compost pour le jardin.

Dans quel type de conteneur stocker sa sciure ?

Dans l’espace WC : Une simple poubelle de cuisine convient très bien, sinon un seau avec un couvercle.

 

 

Dans l’espace de stockage principal : A même le sol (en dur), si possible entouré d’une clôture (palettes, planches, etc. pour éviter sa dispersion par d’éventuels intrus) ; dans des containers en acier (type bidon de 100 litres pour le transport maritime), ou en plastique, dans des sacs (attention aux rongeurs), etc.

 

Quel type d’ustensiles utiliser pour puiser et déverser la sciure dans les toilettes ?

Grosse louche, casserole de cuisine sont les plus pratiques, les plus durables et les moins coûteux (récup)

 

 

Comment entretenir ses toilettes sèches ?

Avec du désinfectant bio, avec du grésil (pas très bio), avec des produits de nettoyage classiques, ou plus simplement avec du vinaigre d’alcool (attention à bien rincer toutefois, le vinaigre est corrosif).

 

 

On peut aussi utiliser des huiles essentielles, telles que : aldéhydes (cumin, citronnelle, géranium, néroli) et les terpènes (citron, citronnelle de Ceylan, romarin, sapin de Sibérie), réputés pour leurs propriétés désinfectantes et antiseptiques. Peuvent être utilisées : huiles antiparasitaires et antibactériennes riches en phénols, cétones, lactones (bois de rose, camomille, fougères, lavande, laurier noble, niaouli (efficace contre les streptocoques), pin sylvestre, romarin, thym à thymol.

 

Conseils d’utilisation des toilettes sèches :

Toujours verser une couche de quelques centimètres au fond du seau à chaque fois qu’on l’a vidé. La bonne quantité de départ se jugera à la nature de la sciure à la vidange ; trop humide, elle révèlera un manque de sciure (pollution du sol par infiltration) et trop sèche, un excès de sciure (difficulté pour le compostage de se faire correctement). 

 

 

Il est conseillé de recouvrir ses cèles d’une feuille de papier humidifié à l’aide d’un pulvérisateur à chaque fois avant de recouvrir le tout de sciure (perso, je ne m’embête pas avec ça). Ne pas attendre que le seau soit plein à raz bord avant de le vider, sous peine de se casser les reins ou de renverser un peu de son contenu par mégarde au beau milieu de son salon. A ce sujet, il est préférable de couvrir le seau d’un couvercle pendant le transport pour éviter tout « accident » malheureux (je me suis déjà vautré avec un seau dans les mains ; c’est très désagréable), il est aussi recommandé d’utiliser des gants, afin de se protéger d’éventuels germes.

 

Vider la totalité du seau en s’aidant si besoin d’une poignée de paille ou d’une brosse dédiée à cet effet. Répartir le contenu sur le tas avec une pelle, une fourche ou un râteau ; recouvrir avec un peu de paille ou autres déchets végétaux. Rincer et vider ce liquide sur le tas de compost.

Messieurs, les toilettes sèches maison étant fabriquées en bois, il est recommandé d’uriner assis et non pas debout, sous peine de risquer à coup sûr d’éclabousser le meuble des toilettes et de le tacher ainsi irrémédiablement (même s’il est peint ou verni, voir ciré). 

Quel type de conteneur adopter pour le compostage ?

Un simple coin où l’on entassera le tas de compost suffit (si possible à l’ombre d’un arbre). Le mieux consistera tout de même à préserver le lieu à l’abris des intrus potentiels (chiens, poules, etc.), en le fermant par un cadre formé de 4 palettes de bois attachées entre elles avec du fil de fer (cadre qui peut être consolidé par 4 piquets de bois plantés à chaque coin et agrémenté d’un « portail (une palette attachée par du fil de fer sur un seul de ses côtés)). Il est recommandé de confectionner 3 enclos, afin de réaliser 2 bacs de compostage à divers stades de maturité, (faire passer le contenu de l’un vers l’autre après quelques mois de compostage, pour le brasser et le mélanger avec du compost plus récent et plus vieux, ainsi que des déchets végétaux du jardin, ou de la cuisine, ainsi que des feuilles, de la paille, etc.) Le troisième bac permettant de stocker paille, fumier animal et autres déchets végétaux dans l’attente d’être mélangés au compost des TS.

 

 

On peut aussi  protéger son tas de compost derrière une barrière de branchages de châtaigniers tressés.

Le sol doit rester nu et en contact avec le compost afin que la faune microbienne puisse migrer facilement à l’intérieur de l’humus et faire son travail de décomposition. Prévoir un « couvercle » (taule, bâche, etc.) afin de le préserver des trop fortes pluies qui éroderaient le compost. On peut aussi cultiver des cucurbitacées à même le tas, les feuilles de celles-ci jouant le rôle de couvercle protecteur (éviter de manger ce légume toutefois).

 

Comment composter ?

En tout premier lieu, il est important que l’emplacement du coin compostage soit en contact direct avec la terre nue, en symbiose avec la faune du sol (nécessaire à la fermentation aérobie de l’humus).

 

 

 

Ne jamais répandre sur le sol des déjections non compostées, au risque d’introduire dans les plantes et aliments qui y seront cultivés de nombreux germes pathogènes. Par contre, un compost de toilette sèche est bien moins chargé en ce type de germes du fait de la fermentation de l’humus (montée en température), de la rudesse et de la variabilité du climat (ce que n’apprécient pas les germes).

Effectuer au moins une fois un mélange du compost pour l’uniformiser et améliorer l’opération de fermentation, en amenant le compost extérieur vers l’intérieur et inversement. Humidifier le tout si le compost semble trop sec.

 

Un troisième bac de compostage peut être réalisé pour traiter herbes de tonte, paille mouillée, orties, consoude, prêles, etc. afin de les mélanger aux autres bacs de compostage et favoriser ainsi la fermentation.

 

Du fumier animal peut aussi être rajouté aux bacs de compostage, ce qui leur apportera d’autres éléments intéressants.

 

Lorsque le premier bac à compostage est plein, transférez son contenu (en laissant environ 15 cm du fond) dans le second bac en y intercalant des couches de paille, fumier animal, orties, etc. Arroser. Laisser composter environ un an (la fermentation fera monter la température du tas vers 70°, ce qui tuera les germes, les mauvaises graines, etc.)

Le fond de 15 cm du premier tas servira de base à un nouveau compostage.

 

Le composte ainsi obtenu ne sera utilisé qu’environ un an ou un an et demi après son démarrage et il est conseillé de « s’entraîner » pendant quelques années avant d’utiliser ce type de composte sur le potager (le réserver au début sur les arbres fruitiers et fleurs).

A proscrire :

Tous les médicaments (surtout les antibiotiques), qui gênent le développement de la flore microbienne ; les serviettes, tampons hygiéniques et couches culottes plastifiés.

 

 

Ne jamais incorporer d’herbe ou de plantes en graine (même si la fermentation est supposée les désactiver), vous risquez, en épandant le compost, de semer mauvaises herbes et plantes indésirables. 

 

Pratique :

Mode de construction d’une toilette sèche (et plan de fabrication) : Plan de fabrication d'une toilette sèche sur Ekopédia 

La caisse est fabriquée selon la taille et la conformité du seau et non l’inverse.

 

 

   

Le modèle le plus simple et le moins onéreux coûte environ 20 euros et se limite à l’achat d’un seau en plastique de 12 litres avec couvercle, à la fabrication d’une caisse carrée sans fond, dont le dessus est percé d’un trou ovale, d’une lunette de WC et d’une bavette en plastique (placée à l’intérieur et sur l’avant des TS et qui évitera à l’urine de passer entre la paroi des TS et le seau).

La toilette sèche du survivor (ultra dépouillée et/ou improvisée) :

 

 

A la base, un seau et de la litière sont les deux éléments indispensables pour constituer toute bonne toilette sèche qui se respecte ; le reste n’étant que de l’habillage et un surplus de confort.

Plusieurs types possibles de toilettes sèches improvisées :

Récupérer dans une vieille brocante un gros pot de chambre (version luxe) et le reconvertir tout naturellement en TS.

Utiliser un seau simple (version système D) que l’on peu placer dans un tonneau au dessus duquel on aura  pratiqué une ouverture adéquate, ou bien sous une chaise ou un fauteuil de jardin en plastique dans lesquels on aura là aussi pratiqué une ouverture appropriée (on peut habiller l’ensemble de tissu pour masquer le seau à la vue.

 

Utiliser un conteneur solide et rigide (bac, tonneau découpé, baquet, etc.) sur lequel l’on peut placer une planche trouée (pour le confort et pour préserver ses quadriceps).

Utiliser un sac poubelle (version SDF), que l’on peut éventuellement fixer au cadre d’une chaise (pour une question de pratique).

 

En complément :

Les matières fécales humaines représentent entre 150 à 300 g / jour / personne, comportant entre 66 - 68 % d'humidité.
Soit entre 55 g et 110 g environ de matières sèches. Ces matières sont riches en matières organiques et en bactéries (certaines étant pathogènes) et parfois même en virus et parasites (ascaris et vers)…attention donc à limiter l’accès de vos TS à des personnes peu sûr.

 

 

L'urine rejetée représente de 1 à 1,3 litre / jour / personne, composée de 95 à 97 % d'humidité et de   sels minéraux (chlorure de sodium), matières organiques azotées (urée, enzymes et hormones). A savoir que l’urine est par nature stérile (ne représentant aucun risque d’infection).

Commentaire (0)
Aucun commentaire
Ajouter un commentaire
Vous

Votre message

Plus de smileys

champ de sécurité

 



Dernière mise à jour de cette rubrique le 09/12/2007

Créer un site web gratuit avec E-monsite.com. - Signaler un contenu illicite - 181.313 ms.
Agenda Culturel - Videos Droles - Humour et Jeux - Clips musique - Cours création de site web - Faire un site