S'orienter et savoir où l'on est est aussi simple que de consulter son GPS, et une carte...
Mais sans GPS, il faut procéder autrement, et savoir le faire...
L'outil classique, c'est la boussole traditionnelle, plus ou moins perfectionnée (et chère). Un achat qui dure (sauf chute ou perte), donc autant y mettre le prix et avoir une qualité minimale.
Bien pratique, il y a la version avec compas de visée, qui permet de faire des relèvements précis : on regarde vers un point particulier, et juste en dessous on peut lire la valeur de l'azimut (l'angle entre le point visé et le nord magnétique), dans une petite fenêtre. Avec ce système, la mesure est juste à un-demi degré près, si la boussole n'est pas déviée (par la monture des lunettes en métal, par la montre en acier, par la présence proche d'un véhicule, par le voisinage d'une ligne électrique, ou bien du fait que le terrain local est très minéralisé...).
Dès que l'on est en zone accidentée, l'altimètre offre un autre moyen de se situer, en fonction de la hauteur à laquelle on se trouve..., ce qui complète la mesure faite à la boussole.
Moins connu, il y a aussi le petit sextant en plastique (environ 150 euros), qui permet de se situer assez précisément.
Si on l'utilise sur les étoiles ou le soleil, on sait où l'on est à quelques kilomètres près, après des calculs un peu longs et assez soigneux (une calculatrice ou des tables spéciales, sont conseillées pour faciliter l'opération). Dans ce cas, il est également nécessaire de pouvoir mesurer l'heure à la seconde près.
Si on l'utilise pour mesurer les angles entre divers points précis (et pas trop éloignés) du paysage (pics, sommets de montagnes, etc.), on se situe à quelques dizaines de mètres près, de nouveau après quelques calculs et quelques traçages sur la carte du coin.
Et si l'on n'a plus rien de tout ce qui précède ? Et bien, la situation n'est pas désespérée pour autant, à condition de savoir s'y prendre, bien sûr...
La nuit, il y a déjà l'étoile polaire, qui est presque située dans la direction du nord géographique (mais seulement visible dans l'hémisphère nord), et qui indique aussi la latitude où vous êtes (par la mesure de l'angle entre l'horizon et cette étoile, dans le sens vertical, qui correspond approximativement à votre latitude sur la Terre).
En prime, la rotation apparente des étoiles en général, et des constellations de la Grande Ourse, de la Petite Ourse, de Cassiopée, en particulier, vous donne l'heure, à quelques minutes près, toute les nuits (si elle sont claires). Pour déterminer cette heure, on utilise un petit accessoire appelé horloge stellaire ou nocturlabe, facile à faire. Une fois en possession de cet instrument, on le règle pour le mois et la date, puis on aligne un repère avec la position des étoiles, et l'on obtient l'heure.
Plus perfectionné, que le simple emploi de l'étoile polaire, il y a le compas stellaire, où l'on détermine la direction que l'on veut suivre, en fonction de l'endroit sur l'horizon où se lèvent (ou bien se couchent) certaines étoiles. Cet endroit ne varie pas, tout au long de l'année, mais il se modifie si l'on se déplace en latitude (vers le nord ou vers le sud).
Entre toutes les étoiles qui remplissent le ciel, à l'horizon, il y en a toujours une qui correspond au cap que l'on veut suivre, sur mer, ou sur terre (si l'horizon n'est pas trop encombré par des obstacles).
Au fil de la nuit, l'étoile monte dans le ciel (après son lever) ou bien elle devient invisible (après son coucher). Pour garder une bonne précision dans la direction à suivre, on remplace cette étoile par une autre qui se lève (ou bien qui va se coucher) exactement au même endroit que la précédente.
Même si l'étoile polaire n'est pas visible, la direction nord ou sud correspond à celle où toute étoile atteint sa hauteur maximale dans le ciel (entre son lever et son coucher). Et, cette fois, le principe est valable indépendamment de la latitude (mais cette dernière influe sur la valeur de la hauteur maximale, ce qui ne change toutefois rien à la direction).
Si une étoile passe au zenith (juste à la verticale) de l'endroit où vous êtes, votre latitude sur la Terre est égale à sa latitude dans le ciel, une valeur que l'on trouve dans un atlas ou une carte stellaire.
Avec le soleil, et la lune, les choses sont un peu plus compliquées, notamment au lever et au coucher, car ils n'ont lieu exactement à l'est et à l'ouest, que deux fois par année... Avant et après ces deux dates, il faut calculer, ou lire dans des tables, le décalage entre l'est ou l'ouest véritable, et l'endroit où le soleil (oo bien la lune) apparaît ou disparaît.
Par contre, que se soit la lune ou le soleil, le passage à la hauteur maximale au dessus de l'horizon qui est atteinte donne toujours la direction du sud. Le problème, c'est que cela ne se produit qu'une seule fois par jour (pour le soleil) et une fois par nuit, et pas toutes les nuits en plus (pour la lune). Et puis, ce n'est pas toujours facile à mesurer précisément (avec l'ombre portée par un bâton).
Au contraire, le compas stellaire, lui, est utilisable en continu, tant que le ciel est dégagé, d'où son intérêt.
Pour ceux qui douteraient des possibilités de se guider de cette façon, de nuit, et sur les étoiles, il faut savoir que les Polynésiens y arrivaient, et retrouvaient ainsi des îles, situées à parfois des centaines de kilomètres de distance du point de départ, ou bien même à quelques milliers de kilomètres (trajet Hawaï-Tahiti, par exemple), dans tout l'Océan Pacifique. Avec l'aide de leur mémoire, de leur sens de l'observation, de la formation donnée par les anciens.
De jour, ils utilisaient aussi d'autres techniques, qu'il serait trop long d'exposer ici.
Les Viking, eux, se servaient parfois de compas solaires, donnant les directions de la boussole, au moyen de l'ombre portée par le soleil sur un disque spécialement gravé, et pourvu d'une tige en son centre (un peu comme sur un cadran solaire, dont on reprend ici le principe), pour naviguer entre leurs pays et le Groenland, ou d'autre lieux très éloignés, dans l'Atantique Nord. Le même procédé (perfectionné) a été longtemps utilisé dans le désert, avec une meilleure précision que la boussole (il y a de fortes déviations magnétiques, dans certaines zones de certains déserts).
Il n'est pas possible, dans un message comme celui-ci, de rentrer dans tous les détails pratiques, de chaque méthode, mais il existe pas mal de livres ou de textes consultables sur Internet. Toutefois, la grande majorité est en anglais...
En tout cas, j'ai essayé de montrer que l'on peut parfois se positionner assez précisément (au moins à quelques kilomètres près), presque partout sur la Terre, ou bien se diriger vers une destination donnée, sans aucun matériel électronique, et même éventuellement sans aucun instrument du tout, à l'exception de certaines connaissances théoriques et d'un minimum de pratique préalable.
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