Quelques erreurs à ne pas commettre
Quatres erreurs à ne pas commettre lors de la préparation
par Andros
Bien que je n’aie appris l'existence du survivalisme qu'en 2003, j'ai accumulé de l'expérience dans ce domaine depuis 1999.
Je voulais vous faire part d'un certain nombre d'erreurs que j'ai faites ou devinées et que le néophyte pourrait commettre.
Erreur n°1 : La fin du monde est pour demain 14h30.
Lorsque l'on débute dans cette "occupation" appelée survivalisme, il arrive que l'on fréquente des sites (la plupart du temps états-uniens) qui sont catastrophistes. On y trouve nombre de personnes qui :
a). connaissent vachement bien quelqu'un qui travaille dans les services secrets / le gouvernement / la banque mondiale / Chantal Goya et qui annonce le début de la Troisième Guerre Mondiale pour le 13 Octobre à 21h45.
b). des analystes autoproclamés qui annoncent un inévitable krach boursier / catastrophe climatique / dévaluation sauvage pour le 13 octobre à 21h46 (ils sont nettement plus précis dans leurs extrapolations).
c). des bloggeurs qui font la version électronique du téléphone arabe, en relayant x fois la même info qui à la base est une intox complète. Parfois l'info continue à vivre sa propre vie et devient une légende urbaine.
d). le gouvernement US / les médias US qui sont eux-mêmes très friands de catastrophisme et pour qui l'apocalypse est pour les environs du 13 Octobre sauf si on paie de nouvelles voitures à la police.
e). des forums où tout le monde se répète : "c'est sur, en Octobre ça va chier, d'ailleurs je suis en train de finaliser mes préparations" - "oui moi aussi je vois que dans ma boîte les gens se préparent pour QUELQUE CHOSE en Octobre".
Très souvent lorsqu'on n'a pas expérimenté soit-même ce genre de choses, le 14 Octobre au matin par exemple, on peut être pris d'une panique qui pousse à :
- informer tous les copains et la famille de l'imminence de la fin du monde ;
- faire des achats compulsifs, poussant des caddies énormes à la fois ricanant sous cape de tous ces imbéciles qui ne savent pas - mais qui me voient quand même acheter, oh mon dieu ! le supermarché trace mes achats ils vont me localiser ;
- rester scotché devant la télé / les sites d'infos en direct pour voir ENFIN l'attaque contre l'Iran, l'éruption du Mont St Hellens ou autre.
« Citrouille ! »
Vous ne vous attendiez pas à lire le mot "citrouille" juste avant de l'avoir fait. Ben voilà, les incidents ça arrive sans prévenir.
Faites-vous votre propre planning de préparatifs, et surtout en accord avec votre budget ? Le coup de "je dépense tout avant le 13 Octobre car après je m'en fiche bien" est une véritable saloperie. Le 14 Octobre, non seulement il ne s'est rien passé, mais vous risquez d'avoir acheté des trucs inutiles, ou trop chers. Et en plus, vous vous êtes inventés de nouveaux manques. Tiens, quelle transition habile !
Erreur n°2 : Je ne serais jamais prêt à temps !
Je postule que le survivaliste est à la base un gros anxieux, et comme avec tous les défauts, il aime s'y complaire. Accro à l'anxiété.
Le survivalisme c'est le nirvana des anxieux. Ils ont plein de raisons pour se faire du mouron, et plein de moyens pour alimenter leur travers. Plus fort que ça, on tombe dans le fondamentalisme religieux (tendance apocalyptique).
Alors donc un point essentiel pour alimenter l'anxiété est que l'on n'est jamais satisfait (comme les nymphomanes en quelque sorte).
Il existe un nombre incroyable de scénarios apocalyptiques (catalogués dans cet excellent site humoristique http://www.exitmundi.nl/exitmundi.htm ), or voilà, techniquement parlant, on manque toujours de quelque chose.
Nous avons déjà vu auparavant la tendance des forumeurs survivalistes (US en particulier) à se monter le bourrichon. Ici, ça donne :
- "ouais c'est évident il n'y a que les veaux pour pas comprendre cela ; moi je me suis acheté 123 boîtes de corned-beef" - "Quoi ? 123 boîtes seulement ? Mais si tu as une femme et deux enfants et un chien ça va te durer deux semaines ! Moi j'en ai 1234 et comme ça je dors plus tranquille"
Il existe aussi une tendance survivaliste consumériste, dans laquelle le survivalisme est le bon prétexte pour s'acheter le truc rutilant dans l'allée centrale du bricorama :
- "Ouais alors j'ai un générateur électrique de secours, mais j'en ai acheté un petit en plus au cas où le premier lâcherait. En plus le petit est à l'essence et le gros au diesel, comme ça j'arbitre mieux les risques d'approvisionnement"
Bon, on a une roue de secours dans la bagnole mais pas un moteur de rechange quand même. Les pépins ça arrive, même à ceux qui se sont préparés.
Il faut se fixer un objectif de préparation et y aller doucement, avec discipline et du sens commun. Il faut aussi ne pas faire du survivalisme un mode de vie, au risque de finir maboul ou de louper l'essentiel (profiter de la vie).
Erreur n°3 : "Je peux survivre dans la jungle de Bornéo et au 11 Septembre dans la même journée".
On est ici au croisement du "survival" et du survivalisme. Très en vogue aux USA après le 11 Septembre.
Jusqu'à présent je pensais que c'était une maladie américaine, mais depuis la découverte de certains sites Web francophones, je vois que c'est aussi un travers français. J'accuse le Vieux Campeur.
Il est ici très facile de perdre beaucoup d'argent en jouets pour adultes à base de titanium et de "garanti à vie". Un lien pour les aficionados : www. equipped.com
Pour ma part, je me suis constitué mon "petit" Mini Survival Kit (MSK) que je détaillerais ultérieurement, et qui est l'équivalent masculin du grand sac à main de ces dames.
Un BoB (Bug-out Bag), qui est la bouée de sauvetage ultime en cas d'évacuation, peut être constitué avec très peu de moyens. (j'y reviendrais dans un autre post).
Erreur n°4 : Les Américains savent s'y prendre.
Le survivalisme étant un phénomène essentiellement anglo-saxon (eux qui vivent dans un semi tiers-monde, j'y reviendrais), l'essentiel des ressources qui existent proviennent des USA. Or c'est foncièrement inadapté à la situation des français :
a). D'abord, c'est un autre pays, avec une culture parfois très différente de la nôtre. C'est très important et pourtant cela n'apparaît jamais en tant que tel. Les états-uniens sont notoirement surendettés et n'hésitent pas à s'endetter davantage, ils ont une perception racialement différente de la nôtre (surtout les blancs de la classe moyenne, qui constituent quand même l'essentiel des survivalistes) et bon, pour y avoir été, c'est sûr que les gangs là-bas, ça veut dire quelque chose.
De ce fait, le survivaliste US est souvent un mec enterré dans un bureau et qui rêve à un monde à la Mad Max où il serait enfin libre. Je caricature à peine.
b). les survivalistes américains sont très orientés "contre-culture" avec tout ce que cela implique comme kitsch (matériel ou mental) tendance droitière/paramilitaire toutefois. Le terme "survivalist" est souvent employé aux USA pour désigner des groupes nationalistes voire même séditieux.
c). Les survivalistes américains sont très orientés armes à feu. Un des "gourous" du survivalisme, Mel Tappan (marié à l'héritière des camions Mack) a écrit un bouquin très suivi aux USA, "Survival Guns", où l'on se rend compte qu'au final une famille doit avoir 40 armes à feu différentes chez elle. Mel Tappan est mort d'une occlusion intestinale parce qu'il s'était installé très loin des méchantes villes. Trop loin.
Dans un très grand nombre de sites "survivalistes" états-uniens, l'armement tient un rôle prédominant, qui est véritablement obsessionnel. C'est un point sur lequel il faut avoir une grande distance critique. Il est possible de perdre énormément d'argent sur ces questions (surtout si on suit les recommandations délirantes dans le choix des armes) sans qu'il ne serve jamais.
Andros
1. MCDX Le 01/02/2008 à 19:55
Kikoo.
Tu préconises quoi quand on a pas de matos ?
pompe ?
Abdo ?
Footing ?
Arréter de fumer ? :p
Dernière mise à jour de cette rubrique le 08/12/2007